Présentation de la Région
Nouvelles
de la région d'Aboalimena
(suite) La région où nous travaillons
a connu en 2007 des changements considérables. des élections
se sont tenue à la fin de l'année à tous les
niveaux du pouvoir régional, Région, Mairie, Chefs de
Quartier. Mais la politique de régionalisation du gouvernement
a conduit également à des changements dans les formes
de gouverance. Ainsi, les chefs de quartier représentent désormais
le premier échelon de la fonction publique. Il sont payés
par l'Etat et ont bénéficié d'une formation leur
permettant de formuler des projets et de les réaliser. Ces
nouveaux acteurs du pouvoir local sont élus au premier degré,
puis choisis sur une liste par les représentants de la Mairie,
la décision finale revenant au sous-Préfet. Cette double
qualité d'élus/nommés leur donne un positionnement
particulier dans les pouvoirs locaux entre les mairies et les sous-préfectures.
Dans la région Menabe proche d'Aboalimena, toute l'équipe
de direction régionale a changé et nous attendons les
résultats des élections d'ici mars prochain.
Histoire
du Menabe
L’histoire de la région
Menabe se confond avec celle de la dynastie Maroseragna
qui a donné les premiers rois Sakalava. Sa montée
en puissance sous le règne du roi Ndriandahifoutsy a fixé
les limites du 1er royaume Sakalava à Madagascar. De nombreux
ouvrages ont traité de la formation autochtone Maroseragna-Sakalava.
Un rituel dynastique, le bain
des reliques ou Fitampoha est célébré
tous les 5 ans ( autrefois tous les dix ans ) pour rappeler les
étapes de la migration Maroseragna. Le premier Menabe
se situait au Sud à Benge sur un affluent du fleuve Mangoky,
et la migration s'est stabilisée au nord à l'apogée
du royaume . Le caractère du Fitampoha de 2004 laisse
à penser cependant que la mémoire de l'histoire
du peuple sakalava et de ses rois pourrait bientôt
prendre d’autres voies.
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Climat
Le Menabe
se caractérise par un climat
tropical semi-aride à courte saison des pluies.
Les écarts pluviométriques interannuels apparaissent
comme le fait le plus marquant du climat de l'Ouest malgache.
Les variations très marquées font apparaître
des saisons alternées très marquées : une
longue saison sèche s'étend du mois d'avril au
mois de novembre, avec une période de sécheresse
qui d'avril à octobre ne présente que des précipitations
quasi-nulles. En novembre, de rares mais violents orages annoncent
la saison pluvieuse. Jusqu'à la fin du mois de mars le
climat n'est plus qu'une alternance de pluies, certaines persistantes
et modérées, d'autres courtes et très intenses.
C'est à cette saison que la région peut être
soumise à des cyclones dévastateurs. Ce
régime pluviométrique influence l'hydrologie du
delta de la Tsiribihina.
D'une part les marées remontent le fleuve, engendrant
des courants, et noyant de vastes zones de mangrove, d'autre
part les fleuves et leurs affluents débordent,
inondant la plaine et les lacs qui bordent le fleuve. En revanche,
ces crues saisonnières fertilisent les sols avec
les dépôts d'alluvions et forment les Baiboho
très
convoités par les agriculteurs.
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Les
migrations et l'émergence d'une nouvelle société
Le Menabe a de tout temps été considéré
comme un véritable « eldorado » pour les Malgaches
des autres régions : les Merina et Betsileo des Hautes
Terres, les Antaisaka, Bara, Antaimoro, Antandroy et Andrevola
des Sud-est et Ouest, des Betsimisaraka, Antankarana du Nord de
l’île. Les courants migratoires venus de toutes ces
régions ont changé la composition sociale du Menabe.
Certains migrants se sont installées depuis plus de 5 générations
et les mariages interethniques n’ont cessé de se
multiplier. Cette réalité métisse locale
ne peut être ignorée dans les changements contemporains.
Sakalava et migrants cohabitent sur la base de la parenté
à plaisanterie «Fatidra» qui est une forme
de contrat social informel pour la mise en valeur des terres.
Les notions de «tompon tany» originaires propriétaires
de la terre et d’enfant de la terre «zanatany»
relatives aux migrants de la 1ère et 2ème génération
ont évolué et méritent d’être
revues à la lumière de ces nouveaux rapports.
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Les
ressources
Dans l'ensemble de l'Ouest malgache,
l'élevage de bœufs est un élément
primordial de la vie sociale et économique. Le bœuf
est cependant plus une réserve utilisable quand on
a besoin d'argent, qu'une source de lait ou de viande. Les
bœufs vivent en majorité dans la forêt,
et sont donc en dehors des cicuits normaux de commercialisation.
La riziculture est exploitée dans les zones de
delta et en culture de décrue. Le riz est à
la base de l'alimentation dans tout Madagascar, il peut manquer
en période de soudure, et quand les rizières
s'assèchent en rasion des fluctuations du lit des rivières.
La production de cultures sèches sert en premier lieu
à diversifier les repas. le manioc, le maïs, la
patate douce constituent en effet, après le riz, la
base de l'alimentation villageoise. Les cocotiers, manguiers
et bananiers sont cultivés en bordure des champs, mais
les fruits sont essentiellement consacrés à
la vente. Depuis une dizaine d'années, la pêche
en mer et sur les lacs a pris une dimension nouvelle. Elle
a attiré de nombreux migrants qui créent des
villages de bord de mer et sur les lacs. Cette production
permet localement une petite accumulation monétaire.
Toutefois l'exploitation de cette ressource est limitée
par les conditions de transport et de conservation du poisson.
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Limites
La région MENABE correspond sensiblement aux anciennes
limites territoriales du royaume Sakalava. Le Menabe historique
s'étendait du fleuve Manambolo
au Nord à Morombe, ville située entre Morondava,
siège de la Préfecture, et Tuléar actuel
chef-lieu de Province. Au cœur de la région
Menabe se trouve la ville de Belo-sur
-Tsiribihina située sur la rive nord de la
Tsiribihina. Ce fleuve
puissant comparable au Rhône, prend sa source dans les Hautes
Terres. Il n'existe aucun pont sur la Tsiribihina,
et pour se rendre à Belo
en venant de Morondava on franchit le fleuve par le bac avec
son véhicule, ou plus fréquemment en canot à
moteur. La traversée de la Tsiribihina
s'avère très longue, le courant du fleuve, amplifié
par les eaux de pluies, ne permet la traversée du
bac qu'à partir du mois de juin.
Le fleuve Manambolo au
nord est moins impressionnant, on le franchit à gué
en saison sèche, mais les fluctuations périodiques
de son lit modifient profondément le paysage, puisque des
zones irriguées de rizières peuvent s'assécher,
comme ce fut le cas après le passage du cyclone GAFILO
en 2004.
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credit photo: S.Chazan ©
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