La création de Nazarena-France
L'association NAZARENA-FRANCE
a été créée en juin 2005 à
l’initiative de Suzanne Chazan, anthropologue qui travaille
depuis plusieurs années sur la Côte
Ouest de Madagascar, dans la région de Morondava, Belo
sur Tsiribihina et de la vallée
du Manambolo.
Elle était à Morondava en 2004 quand le cyclone
Gafilo a ravagé la région, et un
premier appel aux dons parmi ses amis et parents a permis, avec
l’aide d’un chercheur malgache qui travaille dans
les villages avec elle, de secourir les gens les plus démunis.
Cette aide s’est poursuivie depuis et Nazarena-France
compte aujourd'hui près de 60 membres. Il était
nécessaire pour des raisons de transparence et d’efficacité
de créer une association 1901. Nazarena-France a été
déclarée à la Préfecture de l'Hérault
le 15 juin 2005 .
Cette association a pour objet de développer l’aide
humanitaire en direction des pays les plus pauvres. Plus particulièrement
cette aide concerne la région Ouest de Madagascar en partenariat
avec une association de statut malgache dénommée
NAZARENA (Madagascar) dont le siège se situe dans
la commune rurale d’Aboalimena, sous-préfecture de
Belo sur Tsiribihina (ses statuts ont été déposés
le 10 octobre 2002).
Créée par des anthropologues spécialistes
de Madagascar, Nazarena-France associe son action à
caractère humanitaire à une réflexion menée
sur les conditions de vie et de travail des gens et sur l’origine
de la pauvreté, qu’elle transmet à travers
l’information de ses membres et l’organisation d’évènements
en France. Les aides apportées peuvent être des secours
d’urgence si la situation le demande tel que l’apport
de dons en nature ou de riz, à l'image de ce qui s'est
fait en 2004 . Elles prendront un caractère éducatif
par l’alphabétisation, l’enseignement
technique, et par l’éducation sanitaire et alimentaire.
L’association veut contribuer à l’émergence
d’initiatives économiques locales en milieu rural
destinées à prendre le relais des actions de soutien.
Une bonne connaissance du terrain, un relais local fiable à
travers l’association partenaire, une présence régulière
des membres de l’association garantissent tant aux donateurs
qu’aux bailleurs de fonds une utilisation optimale des fonds
réunis.
La zone de nos
actions
Le lieu choisi pour nos actions n’est pas
neutre. La région est l’une des plus pauvres de Madagascar.
A l’écart des routes touristiques Aboalimena n’est
pas facile d’accès. La région Menabe ne possède
qu'un seul grand axe. Il relie par la route la capitale Antananarivo
en passant par Antsirabe, Miandrivazo, et, au-delà d'une
section de route très dégradée et dangereuse
jusqu'à Malaimandy, puis une section plus ou moins bien
goudronnée jusqu'à Mahabo et Morondava. En saison
des pluies et en période cyclonique (décembre à
mars) les routes au nord de la vallée de la Tsiribihina
sont fréquemment coupées. Cela suffit pour que l’aide
internationale, ou les programmes gouvernementaux n’arrivent
pas à Aboalimena. La présidente de l’association a
travaillé depuis les années 70 dans cette région
de l'Ouest Malgache appelée Menabe, elle y est retournée
chaque année depuis 2002. Elle a noué des relations
de confiance avec le porteur du projet, Dera HAIDARALY, avec la
Mairie d'Aboalimena et avec les chefs lignagers. Elle a pu constater
en 2006 les premiers bénéfices d’une action
menée jusqu’ici avec les seuls moyens de l’association.
En 2007 une initiative a été prise par quelques
villageois avec l’aide de Nazarena-Madagascar pour développer
à leur tour des cultures de piments, de tomates et de poivrons
sur leurs propres terres. Toutefois l'absence de marché
local et de moyens de transport n'a pas permis d'amorcer une commercialisation.
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Aboalimena
est une commune rurale située à 50 km au Nord de
Belo sur Tsiribihina.C’est là que Suzanne Chazan
poursuit ses recherches depuis 2002. La commune rurale d’Aboalimena
compte 8 500 habitants, elle est découpée
administrativement en 8 Fokon’tany, chacun d’entre
eux étant sous la responsabilité d’un chef
de Quartier. Le village d’Aboalimena proprement dit comprend
deux Fokon’tany, Nord et Sud. Les autres Fokon’tany
se répartissent à des distances parfois supérieures
à 10 km , et sont accessibles par des pistes à bœufs.
La mairie se trouve au centre du village, ainsi que « l’hôpital
», centre de santé primaire de quelques lits confié
à un médecin payé par l’Etat. Il n’y
a ni eau courante ni électricité à Aboalimena,
ni aucun drainage des eaux usées ; les latrines n’existent
quasiment pas. Les habitants sont pour la plupart agriculteurs
et éleveurs et aussi pêcheurs. La principale culture
est le riz, base de l’alimentation à Madagascar,
mais les changements de lits du fleuve Manambolo, au Nord du village,
ont asséché certaines rizières. Ils cultivent
également le maïs, le manioc et la patate douce. Ils
élèvent, souvent de façon communautaire,
c'est à dire lignagère des zébus, qui servent
au transport et comme bien d’accumulation, et de la volaille.
Les habitants sont très pauvres, le salaire d’un
instituteur n’atteint pas 100 000 Ariary /mois, soit environ
40 €. Il y a peu d’argent en circulation. Un petit
commerce monétaire ou de troc assure aux villageois l’accès
aux produits de première nécessité, mais
au détriment du stockage de denrées en vue de leur
propre consommation à la période de soudure. Il
ne reste plus alors que la cueillette de tubercules en forêt
si les stocks sont insuffisants. |
Le projet :
apporter des moyens, mais ne pas créer une situation
de pur assistanat
Notre projet s'appuie sur une connaissance
approfondie de la zone d'intervention, du mode de vie des
gens qui y habitent et des réseaux d'échange locaux
: d'alliance, de boeufs, de complémentarité de
production et de commerce local. Nous accordons une place
importante à la dynamique entraînée par
nos actions sur place et nous demandons une forte implication aux
villageois pour ne pas créer une situation de dépendance
passive.
Notre projet s'est enrichi d'année en
année depuis la création de Nazarena-France :
- Le projet d'un Centre de Formation Agricole Ecole à
Aboalimena (depuis 2007)
- La diversification des cultures et l'amélioration
des techniques agricoles (depuis 2006)
- Le pôle santé et un projet de pharmacie mutualiste
(depuis 2006)
- La création d'ateliers d'animation et le lancement
de coopératives (depuis 2008)
- L'opération riz (2005)
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Une école d'agriculture pour Aboalimena
Notre projet le plus ambitieux est la création
d'un centre de formation agricole à Aboalimena. Il y sera
donné un enseignement agricole et un enseignement général
destiné à des jeunes qui n'ont aucune chance d'accéder
au collège de la ville la plus proche, Belo-sur-Tsiribihina.
Avec l'appui du conseil communal d'Aboalimena et du comité
des sages , un terrain de près de 4 hectares a été
réservé non loin du centre d'Aboalimena. Ce terrain
est à présent défriché, et nous avons
construit en 2008 avec l'association Nazarena - Madagascar un
premier bâtiment de 165 m2 au sol , de deux classes de 30
m2 et 13 m2, entouré d'une large véranda. Ce bâtiment
est maintenant terminé, il a été finalisé
en un temps raisonnable malgré l'isolement d'Aboalimena,
en utilisant des matériaux locaux , tout en introduisant
les principes de constrution paracyclonique. Ceci a été
fait par l'un de nos membres, architecte, qui a dirigé
le chantier, formé les maçons et les charpentiers,
et adapté les principes aux réalités locales.
Un puits a été creusé à
l'été 2009 et chemisé par des buses en ciments
comme cela se pratique pour les puits communaux. L'eau a été
trouvée à environ 11 m de profondeur. L’aménagement
final comprendra une margelle munie d’une poulie ou d’une
pompe, un tablier cimenté, un muret extérieur. Un
programme d’électrification solaire du bâtiment
a été élaboré, dans le cadre d’une
demande de sponsoring. Il s’agirait d’une installation
volontairement modeste en rapport avec le caractère traditionnel
de la construction, qui devra permettre cependant d’utiliser
les classes avant même que le bâtiment ne soit utilisé
par l’école d’agriculture, pour des cours du
soir ou des cours d’alphabétisation voire même
pour y introduire des moyens audiovisuels.
Lors de notre deuxième mission en 2009,
une étude de l’aménagement du terrain de Nazarena,
de ses caractéristiques principales, avec le relevé
précis des limites, des arbres et des liaisons routières,
la prise en compte des constructions avoisinantes. Notre projet
comporte en effet la construction de plusieurs bâtiments,
l'aménagement de sanitaires, éventuellement de dortoirs.
Nous réfléchissons à l'utilisation de principes
de construction adaptés aux conditions locales, mais moins
demandeurs en bois durs. Des essais ont été menés
en ce sens à l'été 2009, qui seront repris
en 2010.
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Le projet pédagogique de la future école d’agriculture
a été élaboré depuis 2008 .Un travail
d’approfondissement du « programme pédagogique
de la future école » a été mené
avec Dera Haidaraly et le Dr Martin Djadagna vétérinaire
chargé du district de Belo et conseiller de Nazarena
pour les questions agricoles (lire
le projet pédagogique). Le document
remanié a été soumis au chef de la Région
Menabe et adressé avec son avis favorable au Ministre
de l’Education Nationale une fois transmis par la voie
hiérarchique ( Maire, District de Belo, instances régionales
de l’Education nationale et du développement Agricole)
Nous prévoyons un cursus scolaire de trois années,
après une première année de remise à
niveau pour les élèves qui n'auraient pas obtenu
le CPE (certificat d’études primaires ) au sortir
de l'école primaire. Les trois années d'école
prévoiraient une poursuite de la formation générale
à laquelle seraient associées l’ensemble
des matières enseignées dans les écoles
d’agriculture et vétérinaires, ainsi qu'un
enseignement pratique, notamment pas la réalisation d'un
projet personnel. L’idée est qu’à
l’issue de leur formation, les élèves pourraient
occuper des postes de vulgarisateur dans le domaine de l’agriculture
et de l’élevage, tout en restant dans leur région
d’origine pour agir sur le développement local.
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credit photo: J-B.Chazan 2008 ©


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credit photo: S.Chazan 2006 ©
les premières pousses de poivrons sur un
terrain clos à la manière traditionnelle
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La diversification des cultures et l'amélioration des
techniques agricoles
Une première action menée à
Aboalimena en 2006 et 2007 a été la mise
en valeur d’un terrain de 1 Ha en cultures maraîchères.
Ce terrain situé a été défriché,
clôturé et aménagé et deux puits
à ciel ouvert ont été creusés. L’association
Nazarena-Madagascar s’est équipée d’une
motopompe, d’outils aratoires: angades (sorte de bèche),
rateaux, arrosoirs etc.. et a distribué gratuitement les
semences de tomates, brèdes de différentes natures,
oignons, poivrons, piments et aubergines. Toutefois, malgré
le résultat encourageant de ces cultures l'opération
n'a pas pu se développer faute d'un marché local
suffisant et de moyens de transport pour une commercialisation
à Belo.
Un objectif plus ambitieux serait l’amélioration
des plantations et des méthodes de culture dans la région
d’Aboalimena, en partant d’un inventaire des pratiques
existantes et des calendriers culturaux. Il prendrait en compte
les expérimentations déjà menées à
Madagascar en matière d’agroforesterie et de plantation
d’arbres pour des applications SVC (systèmes de culture
sous couverture végétale.
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Le pôle santé à Aboalimena
Une enquête menée dans les villages
au cours de l'été 2006 nous avait montré
que le système de santé existant est loin de répondre
aux besoins des paysans, qui résident parfois dans des
hameaux éloignés. L'aide apportée en 2006
(médicaments achetés avec l'aide de Pharmacie Humanitaire
Internationale, soins d'urgence, lunettes), a été
renouvelée en 2008 et 2009 à la demande des villageois.
Nous avons organisé une activité de dispensaire
en partenariat avec le centre de santé primaire existant
à Aboalimena, afin de recevoir les malades en cas de fermeture
du centre, distribuer des médicaments , assurer des consultations
par un de nos membres qui est médecin. Cette consultation
est très utile car elle permet de mieux connaître
la demande de soins qui en période sèche relève
plus de la médecine courante que des affections tropicales.
En saison des pluies le paludisme est très présent
dans la région.
L'opération handicap 2008
En 2006 nous avions rencontré plusieurs
jeunes gens atteints de séquelles de poliomyélite,
non appareillés, sans soins. Grâce à l'appel
fait auprès des adhérents de l'Association des Paralysés
de France nous avons pu réunir 9 fauteuils qui ont été
acheminés à Aboalimena, ainsi que les coussins qui
nous ont été offerts par la socité Winncare-Askle
de Nîmes. Ils sont remis aux personnes handicapées
selon les besoins et une collaboration a été établie
avec le seul centre de rééducation fonctionnelle
de la région Menabe à Morondava. Un fauteuil a été
remis au centre de soins primaires qui n'en disposait pas pour
ses malades. |

credit photo: J-B.Chazan 2008 © |
L'opération d'achat de riz pour la période de soudure
(2005)
Deux années durant, l’association
Nazarena-Madagascar est intervenue sur le marché local
du riz dont le prix fluctue en période de soudure
sans relation avec le prix payé à la production
au moment de la récolte. En 2005, l'association Nazarena-Madagascar
a acheté grâce à Nazarena-France sur le marché
local plus de 50 sacs de riz paddy (non décortiqué)
au moment de la récolte. La distribution a été
faite au moment de la période de soudure à
travers les associations de femmes qui se sont formées
dans tous les fokon'tany. Ce riz devait être vendu au prix
plancher de la récolte et l'a été en partie,
même si toutes les associations n'ont pas fonctionné
de manière satisfaisante.
| Les ateliers d'animation
et le lancement de coopératives
Nous avons saisi l’opportunité d’une
demande de stage faite par trois étudiantes en 3ème
et dernière année de formation « d’éducatrices
spécialisées » à la « Haute
Ecole de la Communauté Française en Hainaut
» pour mettre en place une animation orientée
vers les femmes et les jeunes du village. Ces étudiantes
sont venues pour une durée de 4 mois en 2008 et ont
été entièrement bénévoles.
Le projet d’équipe de foot, pour lequel nous
avions apporté des ballons, des maillots et des shorts
a été réalisé par l’une
d’entre elles avec l’aide d’un habitant
du village qui en a assuré l’entraînement.
A la demande des femmes du village, et en reprenant un
projet que le président de Nazarena-Madagascar avait
depuis plusieurs années nous avons acheminé
à Aboalimena cinq machines à coudre mécaniques
à pédale. Ce sont les étudiantes qui,
à travers une annonce dans la presse locale, ont
obtenu de donateurs de la région de Lille les cinq
machines à coudre. C’est ce qui a permis de
proposer une initiation à la couture, avec le concours
d’une habitante du village d’Aboalimena qui
a dispensé les cours de coupe et de couture. En 2009
cette action a été renforcée auprès
d'un groupe de femmes avec le baptème d'une première
promotion de couturières formées sur place.
Cette opération devrait déboucher sur le lancement
d'une petite coopérative de production artisanale
de vêtements pour les besoins des familles, qui pourront
être vendus quand le niveau de formation atteint permettra
la fabrication de produits de qualité. L'objectif
à long terme de ce type de coopérative serait
d’autofinancer leur production et de répartir
les bénéfices entre leurs membres et l'association
Nazarena-Madagascar.
Une initiation aux techniques de poterie a été
lancée par une stagiaire, utilisant la terre locale.
Cet atelier a suscité beaucoup d’intérêt
et montré chez les villageois de réelles qualités
artistiques. Toutefois, en l'absence de tradition locale
de poterie dans cette région de Madagascar, la qualité
de la terre et les techniques utilisées n'ont pas
permis de produire des objets résistant à
la cuisson.
Enfin à partir de l’activité de «
dispensaire » l’une des étudiantes a
mené une action en direction des mamans et des enfants
pour diffuser des principes d’hygiène et de
soins aux enfants, à partir d’activités
ludiques. Des succès ont été enregistrés
dans le traitement des teignes tondantes, une affection
mycosique fréquente chez les enfants. Nous avons
souligné précédemment la demande importante
pour ce type de prise en charge.
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credit photo: S.Chazan
2008 ©
credit photo: S.Chazan 2008
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Le Bureau de Nazarena-France
Présidente : Suzanne
CHAZAN (Anthropologue, spécialiste de Madagascar)
Président d'Honneur
: Dera HAIDARALY ( Chercheur malgache, Président
de Nazarena-Madagascar)
Vice-Président :
Bruno ROYET ( Architecte honoraire)
Vice-Présidente
: Julie PEGHINI ( Anthropologue directrice de programme
AUF à Madagascar )
Secrétaire :
Françoise COUTOU ( Psychologue)
Trésorier :
Jean Bernard CHAZAN ( Médecin )
Secrétaire Adjoint
: Emmanuel FAUROUX (Anthropologue,spécialiste de Madagascar)
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